Des grands albums toutes catégories

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Re: Des grands albums toutes catégories

Messagepar Arthur Gordon Pym » 08 Juin 2019, 15:40

Suite de la rubrique nécrologique :

Roky Erickson est mort.

Génie cramé du psychédélisme américain, le fondateur des 13th Floor Elevators s'est éteint à l'âge de 71 ans.

Pionnier amoché du psychédélisme américain, le Texan Roky Erickson appartenait à ces hérauts qu'on finissait par penser éternels, malgré les excès répétés au cours d'une vie délibérément abîmée, comme l'avait montré le documentaire You're Gonna Miss Me, ainsi titré d'après la chanson la plus célèbre des 13th Floor Elevators. Le natif d'Austin est mort à l'âge de 71 ans pour des raisons encore inconnues.

"En tant qu’ami de longue date et admirateur des incroyables talents de Roky, guitariste et chanteur, je ne peux que parler de l’impact que lui et ses amis du 13th Floor Elevators ont eu sur la musique, avec leurs sons étrangement magnétiques et psychédéliques, a aussitôt réagi Billy Gibbons, le leader de ZZ Top. C’est presque insondable de contempler un monde sans Roky Erickson."

Un début de carrière magistral

Né en 1947 d'un père architecte et alcoolique et d'une mère convertie au christianisme puritain, Roky Erickson avait fondé, en 1966, The 13th Floor Elevators, dont la carrière débute magistralement avec le classique You're Gonna Miss Me, un titre qu'il avait d'abord enregistré avec sa toute première formation, The Spades.

Cette année-là, le groupe enregistre son premier album, The Psychedelic Sounds of The 13th Floor Elevators – un disque séminal où apparaît pour la première fois l'épithète “psychédélique”. L'influence des 13th Floor Elevators se propage rapidement en même temps que les addictions multiples (LSD, acides et autres substances hallucinogènes) de ses membres, à commencer par Roky Erikson. Conséquemment chaotique, la carrière du groupe s'achève après deux autres albums, Easter Everywhere (1967) et Bull of The Woods (1969), qui influenceront considérablement Primal Scream, The Jesus And Mary Chain ou encore The Black Angels.

Prison et schizophrénie

Entre séjour en prison pour possession de marijuana et internement psychiatrique prolongé, Roky Erikson est officiellement déclaré schizophrène à la fin des années 70. En juin 1975, comme le rappelait Michka Assayas dans son Nouveau dictionnaire du rock, il dépose même devant notaire un texte quasi irréel : “Je soussigné, Roky Erickson, déclare ici ne pas être membre de la race humaine, mais en réalité un extraterrestre originaire d'une planète autre que la Terre. J'espère que ceci prouvera à la personne qui m'administre des électrochocs que je suis un extraterrestre.”


Retrouvant sa liberté en 1972, Roky Erickson remonte sur scène et commence à publier quelques singles en solo, grâce notamment au journaliste rock Philippe Garnier sur son label Sponge. En 1980, il sort un nouvel album siglé Roky Erickson & The Aliens, mais c'est surtout The Evil One, publié l'année suivante, qui va le remettre en selle. On y entend cette voix magnifiquement rocailleuse et habitée sur des chansons à la fois sublimes (I Walked With A Zombie, Cold Night For Alligators) et terrifiantes (Don’t Shake Me Lucifer, Bloody Hammer).

Poursuivant sa carrière erratique, Roky Erickson disparaît du circuit rock à la fin des années 80. S'il publie un nouvel album solo, All That May Do my Rhyme, au mitan des années 1990, c'est surtout en 2010 que Roky Erickson refait parler de lui, convaincu par le groupe Okkervil River d'enregistrer un magistral album collaboratif, True Love Cast Out All Evil, qui figure aujourd'hui comme une œuvre testamentaire.
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