Paradis terrestre ?
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LE MONDE 2 | 22.07.09 | 10h08 • Mis à jour le 22.07.09 | 10h08
Le Monde 2
Tamara Dean vit en Australie, ce qui implique une relation toute particulière à la nature et aux grands espaces.Tamara Dean est une photographe du XXIe siècle : ses questionnements sur la nature sont ceux d'aujourd'hui, entre célébration élégiaque et crainte de la disparition.
Et, dans ce cadre naturel dont les verts se teintent de bleu, sous ces ciels qui peuvent rougeoyer au couchant derrière une dentelle d'arbres, il y a des humains – des femmes surtout. Qui, obligatoirement, se posent la question de leur origine et de leur devenir, puisqu'ils savent qu'ils sont mortels. Ils inventent donc des rituels, des manières de se rassurer, de s'élever parfois.
Ils deviennent les metteurs en scène de leurs propres angoisses, de leurs croyances, de leur foi.
La fonction des artistes est de poser les questions, non d'y répondre. S'inscrivant dans une tendance forte de la photographie contemporaine,Tamara Dean théâtralise son image. Alors que d'autres font référence au cinéma, c'est à la scène qu'elle emprunte des codes, des poses, des gestes pour inventer de petits contes et camper un univers étrange, flottant, irréel. Elle convoque les éléments et y installe ses personnages avec une douceur traversée cependant de stridences et de dangers possibles. Ses teintes mêmes peuvent avoir quelque chose d'inquiétant, à la limite (qu'elle sait toujours éviter) du morbide. Et, toujours mystérieuse, elle questionne le sens du mystique aujourd'hui.
Les yeux se perdent vers le ciel, les voiles sont blancs et s'envolent au vent, les herbes hautes servent de refuge et, dans le sous-bois, non loin de l'étang, la famille se réunit autour du feu de bois.Paradis terrestre ? Rien n'est moins certain puisque le rituel sert simplement de calmant à l'angoisse. Explicite, la référence à la peinture préraphaélite induit un étrange sentiment du temps, qui ici ne passe pas sans pour autant que le calme s'installe.
Cela n'a rien à voir, mais j'entends pourtant les paroles de Gérard Manset qui "voyage en solitaire" et "chante la terre" : "C'est un parc où vont les bêtes / Et quelqu'un s'en souvient peut-être / Les fruits trop murs, les arbres creux / C'était le verger du bon Dieu / C'est un parc où vont les bêtes / Et l'eau leur coule sur la tête / Au milieu, des chevaux sauvages / Chacun se cabre sous l'orage. ="
photographe :
- Née à Sydney en 1976, Tamara Dean travaille comme photographe pour le Sydney Morning Herald.
- Au sein de l'agence Oculi, son travail personnel fouille la culture australienne, ses problématiques sociales, et approfondit la pratique du portrait. "
pr se faire une idée:
http://www.oculi.com.au/
