Comme un art Re ses fruits

Musiques, Cultures, Etc.

Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Arthur Gordon Pym » 11 Mai 2018, 00:42

Monfreid... a écrit:alors, la liberté de faire ce que l'on veut qui se gagnerait en art, ça ne me parle pas ...

C'est pourtant ainsi, certains auteurs y prennent même un malin plaisir. C'est bien la notoriété de l'auteur qui fixe la valeur de l'œuvre. Evidemment pour gagner cette liberté, il faut d'abord produire des œuvres de qualité, se faire connaître et reconnaître, fixer sa côte personnelle par rapport à la qualité ses œuvres ; cette étape prend beaucoup de temps. Ensuite, on fait quasiment ce que l'on veut et il faut vraiment retomber très bas pour rompre le charme. Cette règle vaut pour tous les domaines de l'art et elle ne date pas d'aujourd'hui.
Lorsqu'un critique analyse une œuvre pour la juger, il en connaît l'auteur à l'avance, il est donc programmé dans sa tête et donc influencé. C'est pour cette raison qu'un débutant a tant de mal à se faire connaître car il lui faut séduire des critiques uniquement sur la qualité, l'originalité, etc. de son œuvre, et un public qui ne connaît rien de lui.
Ceci n'est pas un parti pris, c'est un simple constat.
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar akdonf1 » 13 Mai 2018, 17:19

Si une bonne âme voudrait nous faire parvenir le texte, je le trouve pas sur le net, merci
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Arthur Gordon Pym » 13 Mai 2018, 18:08

akdonf1 a écrit:Si une bonne âme voudrait nous faire parvenir le texte, je le trouve pas sur le net, merci

De quel texte parles-tu
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar akdonf1 » 13 Mai 2018, 21:40

Comme un arbre ses fruits en entier
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar roland65 » 14 Mai 2018, 08:01

akdonf1 a écrit:Comme un arbre ses fruits en entier


=> ici
Deux particules sont dites dans un état intriqué lorsque l'état des deux particules n'est pas factorisable en un produit tensoriel de deux états à une particule.
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Arthur Gordon Pym » 14 Mai 2018, 09:15

roland65 a écrit:
akdonf1 a écrit:Comme un arbre ses fruits en entier


=> ici

Ah ah ah ! Sinon, akdonf1, les paroles se trouvent simplement dans le livret qui accompagne le CD, donc si tu as le CD, tu as les paroles.
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar akdonf1 » 14 Mai 2018, 11:00

Je suis artiste libre je paye des charges sur mes maigres vente, j'ai pas les moyen de mettre 18 euros pour un cd, alors que j'ai mon morceau comme un arbre sur le tube même que la vidéo est inssipide
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Claire » 14 Mai 2018, 12:07

Monfreid... a écrit:alors, la liberté de faire ce que l'on veut qui se gagnerait en art, ça ne me parle pas d'autant que le processus est toujours rétrospectif c'est parce qu'on a reconnu tel auteur, qu'on sait qu'il s'agit de tel auteur, qu'on lui trouve cette liberté créatrice (même texte, même chanson, même oeuvre analysée anonymement, je ne suis pas certain que les critiques parleraient encore de liberté).
sur le fait de devoir connaître l'auteur pour apprécier l'oeuvre, je ne pense pas non plus enfin ça me paraît compliqué de découvrir des choses nouvelles sinon, qu'on en comprenne.accepte plus les méandres, les impasses ou les singularités pourquoi pas.




C'est vraiment une question passionnante. Ce n'est pas pour rien qu'a été créé le concept de "licence poétique", il y a des siècles. L'art, et même l'art classique, utilise des chocs pour nous amener à voir autrement, mieux, pour dissiper le voile grisâtre de l'habitude, écarter les œillères. Alors de tout temps les audaces, impropriétés, étrangetés, ont parsemé les oeuvres d'art et leur ont donné leur intensité, leur côté inoubliable. Et les grands artistes se reconnaissent à leur capacité à les utiliser, toujours d'une façon pertinente même si dérangeante, toujours au service d'un sens caché.
Les mauvais le font n'importe comment, ou bien au contraire ils font dans le lisse et le convenu.
Que de grands artistes deviennent mauvais, malheureusement, ça arrive, c'est pourquoi on a le droit de ne pas aimer telle ou telle de leurs œuvres.

Dans le cas de Manset, ce qui me déplaît dans "Aphrodite", ce ne sont pas ces bizarreries, impropriétés de style, naïvetés dont parle l'article, au contraire, il a toujours été un maître dans le maniement de cela...non, c'est le "fond".
On est bien dans ces cabinets de curiosité, plein d'animaux empaillés, d'objets exotiques qui ne servent plus à rien, avec un côté un peu pervers, un peu sucré et mièvre, très lissé et glacé, très sophistiqué,très poussiéreux. La littérature ancienne comme un refuge idéalisé pour qui ne vit plus, ne voyage plus (en solitaire), n'aime plus des femmes vivantes, suce des bonbons ou des coquillages...en frémissant et ricanant un peu devant des imaginations de tortures raffinées. Et prend la pose devant la postérité.
Enfin, en tout cas, c'est une esthétique que je ne partage pas
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Arthur Gordon Pym » 14 Mai 2018, 12:32

Puissante analyse, Claire ! Que dire après cela ? Rien, je reste coi.
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Monfreid... » 14 Mai 2018, 14:03

je rejoins Claire sur Manset (une esthétique de l'empaillement qui fait froid dans le dos, effectivement).

En revanche, les considérations générales sur l'art me semblent trop... générales. Ce qui est reconnu comme de l'Art (avec un grand A donc), chef d'oeuvre intemporel, artiste indémodable etc... dépend énormément de la culture mais aussi de l'époque de création et de réception.
Bien sûr l'aspect normatif de l'éducation (contre lequel je n'ai rien ou pas grand chose) laisse à penser que Racine est un grand artiste intemporel, un génie immense, ce qu'il était sans aucun doute, mais il répondait à des contraintes esthétiques strictes (celles de son temps) qui n'ont plus grand sens aujourd'hui. Du coup, ses oeuvres ne disent plus grand chose du monde. Sans compter que l'on passe une partie de sa production à la trappe (le "cas" Voltaire serait encore plus éclairant, de ses tragédies à la Henriade pour lesquelles il était (re)connu, on ne garde quasiment plus rien au profit d'écrits que lui et son époque jugeaient mineurs).
Voir une sorte de trajectoire du beau, des thématiques récurrentes, un aspect inaltérable et reconnaissable dans les grands artistes et les grandes oeuvres, c'est un acte de reconstruction (parfois pertinent, parfois moins).
je les ai tous empaillés, jusqu'à la dernière peluche !
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Claire » 14 Mai 2018, 14:25

Oui, quand on parle de l'art c'est toujours trop général, heureusement d'ailleurs :)


Quand même, "l'obscure clarté qui tombe des étoiles" de Corneille, le "que le jour recommence et que le jour finisse" de Racine (qui réapparaît dans le film "Le goût des autres comme un déclencheur toujours actuel"), ça reste vivant, peut-être parce que leur étrangeté nous frappe toujours.
Mais ce n'est pas TOUT l'art, bien entendu.
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Monfreid... » 14 Mai 2018, 14:35

on va dire que j'ai appris à me défier des "de tout temps" ^^
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar akdonf1 » 14 Mai 2018, 15:07

Je pense que seul un artiste créateur peut répondre, vous, vous perdez dans une culture et des repaires périmés, vous n'avez pas vu le monde changeait, les enfants de la révolution de 68 ne faisaient pas semblant on était dans l'action, dans la révolte, mais la drogue a brisée beaucoup de vie Lou Reed et Keith Richard on fait payer très cher à une génération de junkies dont je fais parti, je voulais tout tout de suite, j'en ai pris plein la gueule de la contre culture, et puis le pognon à gagné, on l'a tous cherchait d
Sous les pavées il y avait aussi de la poudre blanche
Je regrette rien je donnerez cher pour revivre 77 à 85,maintenant je m'en branle de la culture qui n'existe plus, c'est une illusion un leure les lobys tirent les ficelles de la culture poubelle
Triste tropique, mais je me suis et je m'éclate toujours au temps, j'ai signé et élaboré une petite partie de l'appel du 18 joint lance par libe en 1977, pour la liberté du cannabis presque 50 ans notre pays est la honte du monde pour la non distribution de cannabis aux nombreux malades qui en ont un besoin vital, et je sais de quoi je parle
Un pays qui se révolte contre le mariage pour tous, nous. Est pas digne d'être une démocratie, la corruption Des flics se voient de plus en plus
Mais on parlait culture comme quoi tous de l'été tous de l'éther, j'adore la rime
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Arthur Gordon Pym » 14 Mai 2018, 15:58

akdonf1 a écrit:Si une bonne âme voudrait nous faire parvenir le texte, je le trouve pas sur le net, merci

J'ai envisagé de scanner le livret mais c'est écrit petit, et blanc sur noir, ça ne rend pas grand chose. Alors j'ai pris mon courage à deux mains et je te l'ai retranscrit, tel quel, respectant tout les retours à la ligne, remplacés par des slash (/), et j'ai respecté la casse. Voilà, bonne lecture.
Ça prend de la place, excuse-moi Roland.

Comme un arbre ses fruits.

Les bâtisseurs de pont / Comme une poule pond / Un artiste se donne / Comme un

arbre ses fruits / Et peut-être s'enfuit / Les bâtisseurs de pont / Dans du

papier crépon / Dans les gorges sans fond / Tandis que la verdure

Comme un arbre son fruit / Et peut-être s'enfuit / Lorsqu'il apprend un jour /

Alors que tendre était la nuit / Que le monde a changé

Dans l'ombre et dans la suie / Il se demande l'a-t-on aimé / Lorsqu'il a dit

la floraison / Plus évidemment belle / Que la destruction des maisons / Et que

la solitude, reine / Alors le bâtisseur répond / Cette peine a un nom : / Tout

décline, tout s'enfonce / La politique du pire / Mais y en a qui respirent /

Quand tous les jours on leur assène / un empêchement nouveau / Qu'on rétrécit,

les pièces / Qu'on multiplie les trous, les pièges / Le mensonge est partout,

mon frère, ma soeur / Dans cette affirmation / qu'au lieu de la douceur / il

faut que tout soit fendu, tout craque / Pourquoi pas les matraques, les lois,

/ mais pas celles que l'on croit / Pas celles, du lumbago de la démago, /

Parce que / Parce que les sociétés secrètes / et le poison qu'elles secrètent

/ Non, une antériorité / Rien d'autre, pas le reste / Pas de toutes ces sortes

de vestes pour porte manteaux/ Dans la cacophonie de l'Epiphanie perdue /

credo irrattrapable / de cette modernité sous les cartables, / par la

complexité dans l'harmonie du respectable / Allez, on dresse la table

Le poisson à trois yeux dans nos rivières malades / Mais certains sont heureux

/ Parfaits produits de l'époque toute délétère / Où va se poser le joker, dire

stop, / qu'on se désaltère / et qu'on leur mette un coup d'haltère, / à ces

penseurs de l'adultère, / ces philosophes de la philosophie perdue / Arturo

Hui, César, tous nos grands généraux, / Venez nous prêter main forte pour

éclipser / oui, c'est ça, faites-les taire / Faites-les renoncer à gouverner

la terre / Les bâtissuers de pont / Comme une poule pond / Un artiste se donne

/ Comme un arbre son fruit / Les bâtisseurs de pont comme le mouton qu'on tond

/ Ne cesse de fleurir, pourtant, dans cette coupe que l'on tend / Il va

cracher sa vie, le saviez-vous / Maudit, / pour des siècles entiers et taraudé

des nuits entières / tandis que d'autres se sont servis, / le bâtisseur de

pont, comme un arbre ses fruits / ne s'est pas posé la question

Je pleure, / sur notre lys, la fleur / qui depuis Charlemagne a su fleurir et

qui a peur, / qui tremble sur sa tige / que la publicité et le dénigrement,

peut-être, / que la publicité fustige, / Et qu'ils fussent fleurs, ces lys, et

qu'elles fussent tiges / Je me reprends, je me répands dans la prière / Où sont

nos fiacres, Balzac, / La belle évaporée, Ronsard, / Tout ça est avalé, fini,

jeté aux lions, / Mais la faute à personne / Ne m'en veux pas, / on t'a sommé

de te taire / Tous délétés, tous délétères / Tandis que le printemps, l'été,

Tandis que le printemps, l'été, / Dans l'onctuosité du rêve et la ponctualité

/ Reviennent / Mon frère que médusa Voltaire , retourne-t-en / Frère de

Lampedusa, aux cheveux rouges, aux mains, au bras / Que le reste paupérisa, /

Et dans ce peuple nu / Lampedusa mon frère / Terre éclatée, abandonnée, perdue

/ Qui t'a vendue ?

Ne t'en va pas, on sonne / Mon amie, ma soeur, songe à la douceur / Quand la

démographie tient lieu de géographie / Où tout serait rose, un monde où tout

serait rose / Tourné vers la métempsychose, où on mangerait des fruits / Qui

seraient pas saturés, pas saturés de glucose / Un chemin dans le paradis, / Un

monde où Jean se marrerait et Simone Signoret / Un monde où Jean se marrait et

Simone Signoret

Mais vous ne l'aimez pas, vous le rejetez, / Ce bâtisseur de pont, ce

bâtisseur d'été / Puis les mains dans le dos peut-être interpellé, / C'est

lorsqu'il établit un pont, architecte des ligatures, Que son soucis, n'est

pas d'être conforme, / d'être secouru par la forme / Le bâtisseur de pont /

Comme la poule pond / Comme le mouton que l'on tond / Ne cesse de fleurir,

pourtant / Dans cette coupe qu'on tend / Il va cracher sa vie le saviez-vous,

/ Dans cette coupe qu'on tend / Il va cracher sa vie le saviez-vous, il y

survit / On le voit demeurer, dans ses pensées, perdu, / maudit pour des

siècles entiers / Et taraudé des nuits entières / tandis que d'autres se sont

servi

Le bâtisseur de pont / Comme un arbre ses fruits, ne s'est pas posé / la

question / Où le recevrait-on / Son âme, s'enfuit / Son âme alors s'enfuit.

Gérard Manset
Modifié en dernier par Arthur Gordon Pym le 14 Mai 2018, 20:33, modifié 2 fois.
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Re: Comme un art Re ses fruits

Messagepar Claire » 14 Mai 2018, 16:34

merci !
il y a des belles choses, mais je me souviens de cette interview où Manset disait que son secret c'était qu'i jetait presque tout, là, il y aurait à jeter...

@akdonf1 : oui, beaucoup se sont perdus, dans l'extraordinaire passion de ces années-là, où tout était ouvert...même le vide. Moi aussi peut-être que je donnerais cher pour revivre les fièvres de cette époque, mais ça ne se peut pas, non.
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